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Shū Ting

Au chêne

Je t’aimerais… non comme font les fleurs de givre grimpantes qui t’empruntent ta plus haute branche pour te faire valoir ; je t’aimerais… non comme fait l’oiseau enamouré qui rabâche pour ton ombre un chant pur ; je ne m’en tiendrai pas à imiter la source qui a longueur d’année offre la fraîcheur de sa consolation ; ni les sommets périlleux qui te rehaussent, font sortir ta dignité. Ou même la lumière. ou même la pluie. Non, tout cela ne suffirait pas ! Je devrais être un pied de fromager à proximité de toi, en tant qu’image de l’arbre être debout avec toi. Racines s’empoignant sous terre, feuilles se touchant dans les nuages, à chaque souffle de vent nous nous saluerions, mais personne ne comprendrait notre langage. Tu aurais la solide charpente du couteau, de l’épée ou d’une hallebarde : j’aurais mes grosses fleurs rouges tels de lourds soupirs ou des torches héroïques. Nous partagerions vagues de froid, orages, foudre, mais aussi la brume, les vapeurs, l’arc-en-ciel, on nous croirait séparés pour toujours pourtant nous serions liés à la vie. Tel est le sublime amour, là réside la constance : l’amour… aimer non seulement ta haute stature, mais ta stabilité et la terre à tes pieds.
Au chêneShū Ting · Voix de synthèse
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