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Shū Ting
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Œuvres poétiques

Shū Ting

4 poèmes

?!

Alors c’est vrai tu veux m’attendre attendre que j’aie semé le grain de mon panier attendre que j’aie ramené à la maison les abeilles égarées attendre que sur les bateaux, dans les villages, dans les usines on ait allumé torches et lampes à huile attendre que j’aie lu les fenêtres brillantes ou obscures et que j’ai fini de dialoguer avec l’âme de la clarté et celle des ténèbres attendre que les grands principes se transforment en chansons attendre que le soleil vienne illuminer l’amour et que l’immense Voie Lactée se précipite sur nous tu veux encore patiemment m’attendre en construisant un petit radeau de fidélité
Alors c’est vrai tu ne changeras pas brusquement d’avis même si mes mains délicates se couvrent de gerçures et si le rose de mes joues disparaît même si ma flûte ne souffle plus que du sang et si glace et neige ne fondent pas pour autant même si j’ai le fouet dans le dos et le précipice devant moi même si les ténèbres m’attrapent avant l’aurore et si je sombre avec la terre jusqu’à ne plus pouvoir laisser échapper un oiseau messager de l’amour malgré tout, ton attente et ta fidélité sont bien le prix de tous mes sacrifices
laisse - les maintenant tirer sur moi je veux traverser sans me presser d’immenses territoires pour venir à toi, à toi le vent soulèvera mes longs cheveux épars et je serai ton lys dans la pluie tourmentée

Au chêne

Je t’aimerais… non comme font les fleurs de givre grimpantes qui t’empruntent ta plus haute branche pour te faire valoir ; je t’aimerais… non comme fait l’oiseau enamouré qui rabâche pour ton ombre un chant pur ; je ne m’en tiendrai pas à imiter la source qui a longueur d’année offre la fraîcheur de sa consolation ; ni les sommets périlleux qui te rehaussent, font sortir ta dignité.
Ou même la lumière. ou même la pluie. Non, tout cela ne suffirait pas !
Je devrais être un pied de fromager à proximité de toi, en tant qu’image de l’arbre être debout avec toi.
Racines s’empoignant sous terre, feuilles se touchant dans les nuages, à chaque souffle de vent nous nous saluerions, mais personne ne comprendrait notre langage.
Tu aurais la solide charpente du couteau, de l’épée ou d’une hallebarde : j’aurais mes grosses fleurs rouges tels de lourds soupirs ou des torches héroïques.
Nous partagerions vagues de froid, orages, foudre, mais aussi la brume, les vapeurs, l’arc-en-ciel, on nous croirait séparés pour toujours pourtant nous serions liés à la vie.
Tel est le sublime amour, là réside la constance : l’amour… aimer non seulement ta haute stature, mais ta stabilité et la terre à tes pieds.

La perle, cette larme de la mer

Dans ma paume tremblante est posée une perle, telle une larme jaune pâle gouttant de la mer…
quand les flots s’éloignent pleins de ressentiments, sanglotent devant la blanche poitrine de la terre, elle est larme brûlante dans les yeux du héros, elle a sa loyauté, la lumière envieuse ne saurait la changer en goutte d’eau pure ; quand l’ovation des vagues s’approchent, la terre à bras ouverts accueille l’être aimé, elle est fils de famille noble sur le sein d’une jeune fille elle est sentimentale comme le cœur d’une jeune fille le temps dans pitié ne peut flétrir ses pétales.
Elle est maints étreintes et adieux dans les larmes et parmi tant de joies mêlées de tristesse strophes sublimes abandonnées elle est maints matins de brume maintes nuits de pluie et en de maintes années cette harmonie musicale oubliée.
dispersée… le sang des vaincus, érigées… les stèles des vainqueurs. Elle fut témoin de la gloire empestant le sang, elle a consigné des crimes grandioses.
Elle, si grandiose, ses contours, ses coloris englobent un vague et vaste univers, résument ce monde immense ; elle, si petite, pure comme mes vers, le vent qui me fustige en gémissant, ne peut l’arracher de ma paume.
Telle une larme jaune pâle gouttant de la mer, dans ma paume tremblante est posée une perle …

Le pic de la déesse

Parmi ceux qui agitent leur mouchoir en signe d'adieu Laquelle retire rapidement la main Pour s'en couvrir les yeux? Quand les voyageurs se dispersent Laquelle se tient longuement à la poupe La jupe flottant comme un nuage bouillonnant? Les flots Mugissent... Murmurent...
De beaux rêves laissent de beaux chagrins En ce bas monde comme dans le ciel C'est une loi perpétuelle, mais le coeur Se métamorphose-t-il vraiment en pierre Pour attendre les messagers du ciel et Laisser passer tant de lunes humaines?
Le long des pics qui dominent la rivière Bleue Le courant de chrysanthèmes d'or et de graines de troène Engendre une nouvelle trahison Mieux vaut pleurer une nuit sur l'épaule de l'amant Que de s'exposer mille ans, sur le pic

À propos de Shū Ting

Tous les recueils de Shū Ting

Cette bibliothèque présente une sélection des textes disponibles de Shū Ting. Elle ne constitue pas une édition complète des recueils.

À propos de cette lecture

Les couvertures sont imaginaires. Les portraits sont des interprétations risographiées.

?!Shū Ting · Voix de synthèse
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