Aime ton rythme et rythme tes actionsSous sa loi, de même que tes vers ;Tu es un univers d’universEt ton âme une source de chansons. La céleste unité que tu présupposesFera jaillir en toi des mondes divers,Et au son de tes nombres éparsPythagorise dans tes constellations. Écoute la rhétorique divineDe l’oiseau, de l’air et devineLa nocturne irradiation géométrique. Tue l’indifférence taciturneEt enfile perle sur perle cristallineLà où la vérité renverse son urne.
Béni est l'arbre qui est à peine sensibleEt plus dur parce qu'il ne se sent plus, Car il n'y a pas de douleur plus grande que la peine d'être en vie,Ni plus lourde que la vie consciente. Être, ne rien savoir et être vrai sans but, Et la peur d'être et une terreur future ... Et la terreur certaine d'être mort demain, Et souffrir pour la vie et pour l'ombre et pour Ce que nous ne savons pas Et nous soupçonnons à peine, Et la chair qui tente avec ses grappes fraîches, Et la tombe qui attend avec ses bouquets funéraires, Et ne sachant pas où nous allons, Ni d'où nous venons.
Jette, jette, belle enfant,Ce précieux collierDont brillent les diamantsComme le cristal liquideDes perles de la roséeMatinale.De la poche de cette satire sortitL’or et sortit le mal.Jette, jette ce serpentQui veut t’étranglerEnroulé autour de ta gorgeFait de neige et de corail.
L'arbre est heureux, qui à peine est sensible,et plus la pierre dure, qui, elle, ne sent rien,car il n'est douleur pire que la douleur de vivre,ni chagrin plus pesant que la vie consciente. Être et ne savoir rien, errer à l'aventure,craindre d'avoir été, trembler de l'avenir,dans la sûre frayeur d'être un mort pour demain,et souffrir pour la vie, et pour l'ombre, et pour ce que nous ignorons et soupçonnons à peine,voir la chair qui nous tente en sa fraîcheur de grappe,la tombe qui attend et ses bouquets funèbres,ne savoir ni où nous allons,et ni d'où nous venons... !
D’une juvénile innocence Que conserver sinon le subtil Parfum, essence de son Avril, La plus merveilleuse essence ! Pour lamenter ma conscience Dans un ivoire sonore s’est figé un conte des Mille et Une nuit de mon existence Shéhérazade s’est assoupie… Le Vizir est reste pensif…. Dinarzade a oublié le jour Or l’oiseau bleu est revenu…. Mais… Néanmoins A la condition… Que
Frère, toi qui possèdes la lumière, dis-moi la mienne. Je suis comme un aveugle. Je vais sans but et je marche à tâtons. Je vais sous les tempêtes et les orages Aveugle de rêve et fou d’harmonie.. Voilà mon mal, Rêver. La poésie Est la camisole ferrée aux mille pointes sanguinaires Que je porte en mon âme. Les épines sanglantes Laissent tomber les gouttes de ma mélancolie. Ainsi je vais, aveugle et fou, par ce monde amer ; Parfois le chemin me semble interminable, Et parfois si court… Et dans ce vacillement entre courage et agonie, Je porte le fardeau de peines que je supporte à peine. N’entends-tu pas tomber mes gouttes de mélancolie. ?
Quand vous aurez à aimer, si vous n'avez pas aimé,vous saurez que dans ce monde,c'est la plus grande et la plus profonde douleurd'être à un moment heureux et malheureux. Corollaire: l'amour est un gouffre d'ombre et de lumière, de poésie et de prose,et c'est là que se fait le plus cher,c'est de rire et de pleurer en même temps. Le pire, le plus terrible, est que vivre sans lui est impossible.