Tam O'Shanter
Quand les forains plient bagage et partent,
Et que voisin rencontre voisin, gorge sèche,
Quand le marché tire à sa fin,
Que les gens commencent à presser le pas;
Pendant que nous restons assis devant nos chopes,
Nous saoulant de bonheur et d'ale forte,
Nous oublions les longs miles écossais restant à faire,
Les marais, les ruisseaux, les ravins, les barrières
Qu'il faudra traverser avant d'être chez nous,
Où, sur leurs chaises, les femmes font longue figure
Et froncent des sourcils aussi noirs que l'orage,
Et tiennent bien au chaud, leur rage.
L'honnête Tam O'Shanter découvrit tout cela,
Alors qu'un soir au petit trot, il était venu d'Ayr
(Le bon vieil Ayr, bien supérieur à toutes les autres villes,
en gens honnêtes et belles filles).
Ah Tam, mon gars ! Tu aurais bien mieux fait
D'écouter sagement Kate ta femme!
Elle t'avait bien dit que tu n'étais qu'un bon à rien!
Un boit-sans-soif bavard, un feignant, un vaurien;
Que, du début novembre à fin octobre,
Les jours de marché tu n'étais jamais sobre;