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Paul Eluard

Fresque

Paul Éluard

I J’étais celui qui se promène Le nez en l’air Avec son chien le nez par terre J’étais aussi celui qui cueille des violettes Et qui se fait des baguettes Pour faucher les hautes herbes Je jouais je criais Je m’attaquais aux fillettes Mes mains petites et légères Ne connaissaient que leur mystère La mort n’avait jamais Tranché de rien je l’ignorais Elle ne passait pas encore par mes oreilles La vie était parfaite. II Le buisson où la bête est vraie La bataille où la bête est fausse La campagne où la terre est belle La caverne où la terre est laide Le pays où le bonheur gagne Le désert où la mort s’impose La nuit où l’homme se soumet La nuit où l’homme se libère La nuit où l’homme fait le jour.
FresquePaul Éluard · Voix de synthèse
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