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Octavio Paz

Jardin

Nuages à la dérive, continents somnambules, pays sans substance ni poids, géographies dessinées par le soleil, effacées par le vent. Quatre murs de terre. Bougainvilliers : dans leurs flammes pacifiques mes yeux se baignent. Passe l’air entre des murmures de feuillages et d’herbes à genoux. L’héliotrope aux pas violets croise enveloppé de son parfum. Il y a un prophète : le frêne — et un méditant : le pin. Le jardin est petit, le ciel immense. Verdeur qui survit dans mes débris : dans mes yeux tu te vois et touches, tu te connais en moi et en moi tu penses, en moi tu dures et en moi disparais.
JardinOctavio Paz · Voix de synthèse
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