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Alphonse de Lamartine

XXXIII LE CHRÉTIEN MOURANT.

Qu’entends-je ? autour de moi l’airain sacré résonne ! Quelle foule pieuse en pleurant m’environne ? Pour qui ce chant funèbre et ce pâle flambeau ? Ô mort ! est-ce ta voix qui frappe mon oreille, Pour la dernière fois ? Eh quoi ! je me réveille Sur le bord du tombeau ! Ô toi, d’un feu divin précieuse étincelle, De ce corps périssable habitante immortelle, Dissipe ces terreurs : la mort vient t’affranchir ! Prends ton vol, ô mon âme, et dépouille tes chaînes ! Déposer le fardeau des misères humaines, Est-ce donc là mourir ? Oui, le temps a cessé de mesurer mes heures. Messagers rayonnants des célestes demeures, Dans quels palais nouveaux allez-vous me ravir ? Déjà, déjà je nage en des flots de lumière ; L’espace devant moi s’agrandit, et la terre Sous mes pieds semble fuir ! Mais qu’entends-je ? Au moment où mon âme s’éveille, Des soupirs, des sanglots ont frappé mon oreille ! Compagnons de l’exil, quoi ! vous pleurez ma mort ! Vous pleurez ! et déjà dans la coupe sacrée J’ai bu l’oubli des maux, et mon âme enivrée Entre au céleste port.
XXXIII LE CHRÉTIEN MOURANT.Alphonse de Lamartine · Voix de synthèse
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