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Gu Cheng

Fantaisie de la vie

Déposer mes rêves mes illusions dans un long coquillage la voile tissée par les branches du saule rôde encore autour de la stridulation des cigales tirer la drisse le vent gonfle les voiles de la brume matinale je prends la mer sans but flotter dans le ciel bleu laisser les cascades de lumière teindre en noir ma peau le soleil est mon haleur il me tire avec les cordes de sa chaude lumière pas à pas il parcourt ses douze heures de route poussé par le vent je vais à l’est, à l’ouest le soleil disparaît dans des teintes crépusculaires la nuit est là j’entre toutes voiles dehors dans l’anse de la Voie lactée des milliers d’étoiles me regardent je jette le croissant de lune – ancre d’or le ciel pâlit l’océan est plein des icebergs des nuées menaçantes qui se heurtent roulements de tonnerre, éclairs, où vais-je ? l’univers est si vaste … de pailles de blé doré tresser un berceau y mettre mon cœur et mon âme l’assortir des boutons des roues tiré par le temps aller saluer le monde les roues tournent entre le thym et les chrysanthèmes les grillons me disent bonjour secouant les cordes du luth je mêle l’espoir au parfum des fleurs la nuit est comme une vallée le jour comme la cime dormir !fermer les yeux le monde ne me concerne pas les chevaux du temps s’écroulent de fatigue l’oiseau de paix à la queue jaune a fait son nid dans ma voiture je continue de parcourir le monde à pied – déserts, forêts, coins reculés le soleil chauffe la terre comme on dore son pain je vais pieds nus j’imprime le sceau de mes pas sur toute la terre le monde aussi fond dans ma vie je veux chanter le chant du genre humain après des millénaires il trouvera écho dans l’univers
Fantaisie de la vieGu Cheng · Voix de synthèse
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