Au printempsTu agites doucement un mouchoirPour me faire parvenir au loinOu revenir bientôt ? Non, rien de tout celaSans aucune raisonComme la fleur tombe à l’eauComme la rosée sur la fleur... Seule l’ombre peut le comprendreOu le vent se faire une idéeSeuls les papillons qu’un soupir effaroucheVoltigent encore entre les cœurs...
Peut-être suis-je aveugleJe ne peux que vous toucher par ma voixOuvrir le poème comme la paume d’une mainLe tendre vers vousÔ frères sur la rive mienne du PacifiqueDe couleur rouge, de couleur claire, bleue, noireFleurs qui se mettent à pleurer sur la rive mienne du Pacifique Cette voix a traversé un vide infini
La terre est courbequi te cache à mon regardje n’aperçois que le ciel bleude ton cœur dans le lointainest-ce du bleu ? Du vrai bleule bleu même du langagej’aimerais apporter la joie au mondemais les sourires se figent sur les lèvres qu’on me donne plutôt un nuagepour effacer les clairs momentsviennent les larmes à mes yeuxvienne le sommeil à mon soleil
Je voudrais peindre des fenêtres sur toute la terre pour que les yeux habitués à l’obscurités'habituent à la lumière Peut-êtresuis-je un enfant gâté par sa mèrecapricieux et fantasque Je voudraisque chaque instantsoit aussi beau qu’un crayon de couleurje voudraispouvoir peindre sur la feuille blanche adoréepeindre gauchement la libertépeindre des yeuxqui jamais ne connaîtraient les larmes,un pan de cielune plume, une feuille, aériennesune nuit, une pomme, bleuissantes Je voudrais peindre l’aurorepeindre la roséeles sourires visiblespeindre le plus juvénilele moins douloureux des amourspeindre mon amourimaginaireson front lisse sans nuageses yeux d’azurqui me regarderaient toujours,toujours me regarderaientsans se détourner brusquement. J’aimerais peindre un paysage lointainpeindre l’horizon clair, les vaguespeindre d’innombrables ruisseaux allègrespeindre une collinecouverte d’un duvet clairje ferai se rapprocher les poussesje les ferai s’aimerafin que chaque accord secretchaque émoi silencieux du printempsdonne naissance à une fleur. Je voudrais peindre aussi le futurje ne le connais pas, et comment le pourrais-je ?mais je sais qu’il est beauje peindrai son manteau d’automneles cierges, les feuilles d’érables enflammésles cœurs qui se consumentpar amour pour luije peindrai des épousaillesun jour de fête matinal puis un autreje collerai dessus du papier cristaldes illustrations pour contes nordiques. Je suis un enfant capricieux et fantasqueje voudrais oblitérer le malheurje voudrais peindre des fenêtressur toute la terrepour que des yeux habitués à l’obscurités’habituent à la lumièreje voudrais peindre le ventpeindre les cimes toujours plus hautespeindre l’espérance des nations d’Orientpeindre l’Océansons d’allégresse portant à l’infini. Puis, au coin de la feuilleje voudrais me peindre aussije peindrais un koalaassis dans la sombre jungle Victoriaassis au calme d’une branchehébétésans famillesans attaches lointainesriche seulement d’innombrablesrêve comme des baieset de grands yeux immenses. J’espèreje pensemais je ne sais pourquoije n’ai pas obtenu de crayonje n’ai pas obtenu d’instant coloréje n’ai que moimes dix doigts, les affres de la créationque des feuilles blanches adoréeslacéréeslaissons-les poursuivre des papillonslaissons-les s’évanouir à jamais. Je suis un enfantun enfant gâté par l’imaginairecapricieux et fantasque.
Déposer mes rêves mes illusionsdans un long coquillagela voile tissée par les branches du saulerôde encore autour de la stridulation des cigalestirer la drissele vent gonfle les voiles de la brume matinaleje prends la mer sans butflotter dans le ciel bleulaisser les cascades de lumièreteindre en noir ma peau le soleil est mon haleuril me tireavec les cordes de sa chaude lumièrepas à pasil parcourt ses douze heures de routepoussé par le ventje vais à l’est, à l’ouestle soleil disparaît dans des teintes crépusculaires la nuit est làj’entre toutes voiles dehors dans l’anse de la Voie lactéedes milliers d’étoiles me regardentje jettele croissant de lune – ancre d’or le ciel pâlitl’océan est plein des icebergs des nuées menaçantesqui se heurtentroulements de tonnerre, éclairs,où vais-je ?l’univers est si vaste…de pailles de blé dorétresser un berceauy mettremon cœur et mon âmel’assortir des boutons des rouestiré par le tempsaller saluer le monde les roues tournententre le thym et les chrysanthèmesles grillons me disent bonjoursecouant les cordes du luthje mêle l’espoir au parfum des fleursla nuit est comme une valléele jour comme la cimedormir !fermer les yeuxle monde ne me concerne pas les chevaux du tempss’écroulent de fatiguel’oiseau de paix à la queue jaunea fait son nid dans ma voitureje continue de parcourir le monde à pied –déserts, forêts, coins reculés le soleil chauffe la terrecomme on dore son painje vaispieds nusj’imprimele sceau de mes pas sur toute la terrele monde aussi fond dans ma vie je veux chanter le chant du genre humain après des millénaires il trouvera écho dans l’univers
à l’étage en haut à l’étage en bas partout ces lampesmalade la lumièrelueur jaunissededans quelqu’un te ditJieqian es-tu partip’tit grain de rizpetit pays pars et fais quelque chosene fais pas grand-chosela viande hachée en haut du mur en bas du mur partout des vermicellesvermicelles bouillantsla brume jauneafflueJieqian Jieqianl’eau bouttu vas partir une petite heure un petit wok
Pour luiles formes du ventse souviennent des feuillesamoureuses morsurespartoutpartout crépitela pluie se replier sans cesseécouterles ébatsdes gyrins un mariage le matin les morsures partagéesblancheur blancheur de neigeemportée par le ventil se lèveet voitla jeune épousée
Je vous donne le couteauÀ vous qui m’avez assassinéComme la fleur cache bien ses épinesCar j’ai aiméLe temps des parfumsLes nains les nains des troupes de nains tournentUn cœur de nain Car je travaille sur la riveLe peuplier a résonné jusqu’à la fin Graver encore quelques motifs, encore quelques-unsToujours attendreLe meurtrierAimeApporter une mort resplendissante
Je sais que la disparition est proche, je n’en suis pas tristeDans la forêt de pins sont placés mes espoirsEn dessous il y a la mer, de loin on dirait un étangCe peu, là avec moi, c’est la lumière de l’après-midi Le temps de l’homme est accompli, ce monde s’éterniseJe dois me reposer dans l’entre-deuxSelon les passants les branches se sont abaisséesSelon les passants les branches continuent de pousser
Bruit de fenêtre qui s’ouvreEntends-tuAu loin la mer Le bateau vernisséEst affalé sur la duneAu loin la mer bleue ÉcouteLe bruit le plus ténu est celui de la mer Le bateau est affalé sur la duneAu loin un pan de bleu