DOUBLE BALLADE.
£°°Combien que j’ay leu en ung Dit :£<i>Inimicum putes, y a,£Qui te presentem laudabit</i>,£Toutesfois, non obstant cela,£Oncques vray homme ne cela£En son courage aucun grant bien,£Qui ne le montrast cà et là :£On doit dire du bien le bien.££°°Saint Jehan-Baptiste ainsi le fist,£Quant l’Aignel de Dieu descela.£En ce faisant pas ne meffist,£Dont sa voix ès tourbes vola ;£De quoy saint André Dieu loua,£Qui de luy cy ne sçavoit rien,£Et au Fils de Dieu s’aloua :£On doit dire du bien le bien.££ Envoyée de Jhesucrist,£Rappelles sà jus, par deçà,£Les povres que Rigueur proscript£Et que Fortune betourna.£Cy sçay bien comment y m’en va !£De Dieu, de vous, vie je tien…£Benoist celle qui vous porta !£On doit dire du bien le bien.££°°Cy, devant Dieu, fais congnoissance,£Que creature feusse morte,£Ne feust vostre doulce naissance,£En charité puissant et forte,£Qui ressuscite et reconforte£Ce que Mort avoit prins pour sien.£Vostre présence me conforte :£On doit dire du bien le bien.££°°Cy vous rens toute obéissance,£A ce faire Raison m’exorte,£De toute ma povre puissance ;£Plus n’est deul qui me desconforte,£N’autre ennuy de quelque sorte.£Vostre je suis et non plus mien ;£Ad ce droit et devoir m’enhorte :£On doit dire du bien le bien.££°°O grace et pitié très immense,£L’entrée de paix et la porte,£Some et benigne clemence,£Qui noz faultes toult et supporte,£Sy de vous louer me deporte,£Ingrat suis, et je le maintien,£Dont en ce refrain me transporte :£On doit dire du bien le bien.££<C>ENVOI.</C>££°°Princesse, ce loz je vous porte,£Que sans vous je ne feusse rien.£A vous et à vous m’en rapporte,£On doit dire du bien le bien.££££°°Euvre de Dieu, digne, louée£Autant que nulle créature,£De tous biens et vertuz douée,£Tant d’esperit que de nature,£Que de ceulx qu’on dit, d’adventure,£Plus nobles que rubis balais ;£Selon de Caton l’escripture :£<i>Patrem insequitur proles</i>.££°°Port assuré, maintient rassiz,£Plus que ne peut nature humaine,£Et, eussiez des ans trente six,£Enfance en rien ne vous demaine.£Que jour ne le die et sepmaine,£Je ne sçay qui me le deffend…£A ce propos ung dit ramaine :£De saige mère saige enfant.££Dont resume ce que j’ay dit :£<i>Nora progenies cœlo</i>,£Car c’est du poëte le dit,£<i>Jamjam demittitur alto</i>.£Saige Cassandre, belle Echo,£Digne Judith, caste Lucresse,£Je vous congnois, noble Dido,£A ma seule dame et maitresse.££°°En priant Dieu, digne pucelle,£Que vous doint longue et bonne vie ;£Qui vous ayme, MADEMOISELLE,£Jà ne coure sur luy envie.£Entière dame et assouvie,£J’espoir de vous servir ainçoys,£Certes, se Dieu plaist, que devie£Vostre povre escolier FRANÇOYS.£££