XVII. BALLADE MORALE.
£°°D’une dague forte et aigüe£Soit-il frappé parmy l’eschine,£Et ait tousjours une sansue£Attachée à sa poitrine,£Et attainct d’une coulevrine£Entre le nez et le menton,£Ou qu’en prison vive en famine,£Qui autruy blasme sans raison.££°°Son giste soit emmy la rue,£Tout nud qluand il fera bruyne,£Sur pel de heriçon pointue,£Couvert d’une clère estamine ;£De vent de bise sa courtine,£Et soit mors d’ung escorpion,£Ou qu’en prison vive en famine,£Qui autruy blasme sans raison.££°°Sa chair soit detrenchée menue£Plus qu’au moulin n’est la farine,£Ou de gros nerfz soit bien batue,£Ou couche nud sur tas d’espine :£Et affin que plus tost il fine,£Son corps soit remply de poison,£Ou qu’en prison vive en famine,£Qui autruy blasme sans raison.££<C>ENVOI.</C>££°°Prince, soit mis en la gehaine£Dix fois le jour comme ung larron,£Ou qu’en prison vive en famine,£Qui autruy blasme sans raison.£££