IX. RONDEL.
£Las ! je me plains d’amours et de ma dame,£Et de mes yeulx dont j’ay veu sa beaulté ;£Et oultre plus, je me plains d’une femme£Qui contre moy a le conseil donné£Dont j’ay dejà tant de mal enduré£Qu’il me fauldra, par deffaulte de joye,£Aller criant, comme tout forcené :£Je hez ma dame que tant aymer souloye.££Car se pitié son très doulx cueur n’entame£A me donner ce que j’ay desiré,£J’iray mourir, ainsi qu’ung homme infame,£Tout hors de sens et si desespéré£Qu’après ma mort il en sera parlé£Plus loin dix fois que d’icy en Savoye,£Et lors diray pour plus estre blasmé :£Je hez ma dame que tant aymer souloye.££Se je le dy, je jure sur mon ame£Que ce sera contre ma voulenté.£Je prye à Dieu qu’il n’y puist avoir ame£A celle fin qu’il ne soit raporté.£Car jasoit ce qu’elle m’ait courroucé£Tant qu’on peut plus, cent mille fois mourroye£Avant que j’eusse ne dit ne proferé :£Je hez ma dame que tant aymer souloye.££