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E.E. Cummings
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E.E. Cummings

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J'ai toujours ton cœur avec moi

J’ai toujours ton cœur avec moi Je le garde dans mon cœur Sans lui, jamais je ne suis Là où je vais, tu vas ma chère Et tout ce que je fais par moi-même, Est ton fait, ma chérie. Je ne crains pas le destin Car tu es à jamais le mien, ma douce. Je ne veux pas d’autre monde Car, ma magnifique, Tu es mon monde, en vrai.
C’est le secret profond que nul ne connaît. C’est la racine de la racine, Le bourgeon du bourgeon Et le ciel du ciel d’un arbre appelé Vie Qui croît plus haut que l’âme ne saurait l’espérer Ou l’esprit le cacher. C’est la merveille qui maintient les étoiles éparses.
Je garde ton cœur, je l’ai dans mon cœur.

Je suis une petite église

Je suis une petite église (pas une grande cathédrale) loin du splendide et du sordide où les villes se hâtent -peu m’inquiète si les jours les plus courts raccourcissent, Rien ne regrette quand le soleil et la pluie font avril
ma vie est la vie du moissonneur et du semeur, mes prières sont prières de l’acharné maladroit (qui trouve et perd et rit et pleure) enfant de la terre dont toute tristesse ou joie me met en peine ou liesse
autour de moi déferle un continuel miracle de naissance et gloire et mort et résurrection : sur mon être endormi flottent d’enflammés symboles d’espoir, et je m’éveille à la grande patience des montagnes
je suis une petite église (loin du monde frénétique qui angoisse ou ravit) en paix avec la nature -peu m’inquiète si les nuits les plus longues se rallongent, Rien ne regrette quand le silence devient chantant
d’hiver en printemps, j’élève ma minuscule flèche vers Lui plein de grâce Dont l’à-présent seul est à jamais : Bien droite en l’immortelle vérité de Sa présence (humble accueillant Sa lumière et fière Ses ténèbres)

Parce que tu prends la vie juste à ton rythme

Parce que tu prends la vie juste à ton rythme (alors que tant trichent pour gagner la plus noble partie qu’un homme avec fierté puisse perdre, ou font le mort dans l’espoir que la mort veuille bien passer aussi)
parce que de mordre la poussière tu n’as pas peur (et oses en conséquence escalader le ciel) parce qu’un esprit dont nul ne se paierait la tête n’a jamais réussi à abuser ton cœur
mais qui plus est (et sans le moindre doute) parce que nul meilleur n’est si bon vraiment que tu n’appelles un mieux ; et que nul très mauvais n’est ce qui peut être si pire qu’au pis tu prennes l’amour en haine
je peux homme un mortellement immortel moi changer l’immense de tout temps parce que en pourquoi

Plonge au fond du rêve

Plonge au fond du rêve qu’un slogan ne te submerge (l’arbre est ses racines et le vent du vent)
fie-toi à ton cœur quand s’embrasent les mers (et ne vis que d’amour même si le ciel tourne à l’envers)
honore le passé mais fête le futur (et danse ta mort absente à cette noce)
ne t’occupe d’un monde où l’on est héros ou traître (car dieu aime les filles et demain et la terre)

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À propos de cette lecture

Les couvertures sont imaginaires. Les portraits sont des interprétations risographiées.

J'ai toujours ton cœur avec moiE.E. Cummings · Voix de synthèse
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