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Arthur Rimbaud

Poison perdu

Des nuits du blond et de la brune Pas un souvenir n’est resté ; Pas une dentelle d’été, Pas une cravate commune. Et sur le balcon, où le thé Se prend aux heures de la lune. Il n’est resté de trace aucune, Aucun souvenir n’est resté, Au bord d’un rideau bleu piquée, Luit une épingle à tête d’or Comme un gros insecte qui dort. Pointe d’un fin poison trempée, Je te prends, sois-moi préparée Aux heures des désirs de mort.
Poison perduArthur Rimbaud · Voix de synthèse
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