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Anna de Noailles

Plainte

Mets les mains sur mon front où tout l’humain orage     Lutte comme un oiseau, Et perpétue ainsi qu’au creux des coquillages     Le tumulte des eaux. Ferme mes yeux afin qu’ils soient clos et tranquilles     Comme au fond du sommeil, Et qu’ils ne sachent plus quand passent sur la ville     La lune et le soleil. Parle-moi de la mort, du songe qu’on y mène,     De l’éternel loisir, Où l’on ne sait plus rien de l’amour, de la haine,     Ni du triste plaisir ; Reste, voici la nuit, et dans l’ombre croissante     Je sens rôder la peur ; – Ah ! laisse que mon âme amère et bondissante     Déferle sur ton cœur.
PlainteAnna de Noailles · Voix de synthèse
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