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Anna de Noailles

Le Jardin et la Maison

Voici l’heure où le pré, les arbres et les fleurs Dans l’air dolent et doux soupirent leurs odeurs. Les baies du lierre obscur où l’ombre se recueille Sentant venir le soir se couchent dans leurs feuilles, Le jet d’eau du jardin, qui monte et redescend, Fait dans le bassin clair son bruit rafraîchissant ; La paisible maison respire au jour qui baisse, Les petits orangers fleurissant dans leurs caisses Le feuillage qui boit les vapeurs de l’étang Lassé des feux du jour s’apaise et se détend, — Peu à peu la maison entr’ouvre ses fenêtres Où tout le soir vivant et parfumé pénètre Et comme elle, penché sur l’horizon, mon cœur S’emplit d’ombre, de paix, de rêve et de fraîcheur…
Le Jardin et la MaisonAnna de Noailles · Voix de synthèse
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