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Anna de Noailles

La Cité natale

Heureux qui dans sa ville, hôte de sa maison, Dès le matin joyeux et doré de la vie Goûte aux mêmes endroits le retour des saisons Et voit ses matinées d’un calme soir suivies. Fidèles et naïfs comme de beaux pigeons La lune et le soleil viennent sur sa demeure, Et pareille au rosier qui s’accroît de bourgeons Sa vie douce fleurit aux rayons de chaque heure. Il va, nouant entre eux les surgeons du destin Mêlant l’âpre ramure et les plus tôt venues, Et son cœur ordonné est comme son jardin Plein de nouvelles fleurs sur l’écorce chenue. Heureux celui qui sait goûter l’ombre et l’amour De l’ardente cité à ses coteaux fertiles, Et qui peut, dans la suite innombrable des jours, Désaltérer son rêve au fleuve de sa ville…
La Cité nataleAnna de Noailles · Voix de synthèse
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