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Victor Hugo

La nature est pleine d’amour

La nature est pleine d’amour, Jeanne, autour de nos humbles joies ; Et les fleurs semblent tour à tour Se dresser pour que tu les voies. Vive Angélique ! à bas Orgon ! L’hiver, qu’insultent nos huées, Recule, et son profil bougon Va s’effaçant dans les nuées. La sérénité de nos cœurs, Où chantent les bonheurs sans nombre, Complète, en ces doux mois vainqueurs, L’évanouissement de l’ombre. Juin couvre de fleurs les sommets, Et dit partout les mêmes choses ; Mais est-ce qu’on se plaint jamais De la prolixité des roses ? L’hirondelle, sur ton front pur, Vient si près de tes yeux fidèles, Qu’on pourrait compter dans l’azur Toutes les plumes de ses ailes. Ta grâce est un rayon charmant ; Ta jeunesse, enfantine encore, Éclaire le bleu firmament, Et renvoie au ciel de l’aurore. De sa ressemblance avec toi Le lys pur sourit dans sa gloire ; Ton âme est une urne de foi Où la colombe voudrait boire.
La nature est pleine d’amourVictor Hugo · Voix de synthèse
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