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Victor Hugo

Je n’ai point de colère et cela vous étonne

Je n’ai point de colère et cela vous étonne. Votre tonnerre tousse et vous croyez qu’il tonne ; Grondants, vous essoufflez sur moi votre aquilon : Votre petit éclair me pique le talon ; Je n’ai pas l’air de voir la peine qu’il se donne ; Vous sentez quelque chose en moi qui vous pardonne, Cela vous froisse. Au fait, on est trop châtié De vouloir faire mal et de faire pitié. Quoi ! s’unir contre un homme, en tenter l’escalade, Et n’avoir même pas l’honneur d’une ruade ! Ne pas recevoir même un soufflet ! c’est blessant. Le proscrit parfois tombe et jamais ne descend ; Il laisse autour de lui grincer la haine infâme ; Ce n’est pas pour cela qu’il dérange son âme, Donc soyez furieux. Serai-je irrité ? Non. Je doute que j’en vienne à savoir votre nom. Les vieux bannis pensifs sont une race inculte ; Avant de nous fâcher parce qu’on nous insulte, C’est notre usage à nous qui sommes exigeants De regarder un peu la stature des gens.
Je n’ai point de colère et cela vous étonneVictor Hugo · Voix de synthèse
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