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Théophile de Viau
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Les Chefs d’œuvre lyriques de Malherbe et de l’école classique

Théophile de Viau

1 poème

Quand tu me vois baiser tes bras

QUAND tu me vois baiser tes bras, Que tu poses nus sur tes draps, Bien plus blancs que le linge même ; Quand tu sens ma brûlante main Se promener dessus ton sein, Tu sens bien, Cloris, que je t’aime. Comme un dévot devers les cieux, Mes yeux tournés devers tes yeux, À genoux auprès de ta couche, Pressé de mille ardents désirs, Je laisse, sans ouvrir ma bouche, Avec toi dormir mes plaisirs. Le sommeil, aise de t’avoir, Empêche tes yeux de me voir Et te retient dans son empire Avec si peu de liberté, Que ton esprit, tout arrêté, Ne murmure ni ne respire. La rose en rendant son odeur, Le soleil donnant son ardeur, Diane et le char qui la traîne, Une naïade dedans l’eau, Et les Grâces dans un tableau, Font plus de bruit que ton haleine. Là, je soupire auprès de toi, Et, considérant comme quoi Ton œil si doucement repose, Je m’écrie : Ô ciel ! peux-tu bien Tirer d’une si belle chose Un si cruel mal que le mien !

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À propos de cette lecture

Les couvertures sont imaginaires. Les portraits sont des interprétations risographiées.

Quand tu me vois baiser tes brasThéophile de Viau · Voix de synthèse
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