Qu'est-ce qu'un antipoète :Un négociant en urnes et cercueils ?Un prêtre qui ne croit en rien ?Un général qui doute de lui-même ?Un vagabond qui se moque de toutVieillesse et mort comprises ?Un interlocuteur de mauvais caractère ?Un danseur au bord de l'abîme ?Un narcisse qui aime tout le monde ?Un plaisantin sanglantDélibérément misérable ?Un poète qui dort sur une chaise ?Un alchimiste des temps modernes ?Un révolutionnaire de poche ?Un petit-bourgeois ?Un charlatan ? un dieu ? un innocent ?Un villageois de Santiago du Chili ?Soulignez la phrase qui vous semble correcte. Qu'est-ce que l'antipoésie :Une tempête dans une tasse de thé ?Une tache de neige sur un rocher ?Un plateau plein d'excréments humainsComme le croit le père Salvatierra16 ?Un miroir qui dit la vérité ?Une gifle au visageDu Président de la Société des Écrivains ?(Que Dieu l'ait en son saint royaume)Un avertissement aux jeunes poètes ?Un cercueil à réaction ?Un cercueil à force centrifuge ?Un cercueil à gaz de paraffine ?Une chapelle ardente sans défunt ? Marquez d'une croixLa définition qui vous semble correcte.
L’homme imaginairevit dans une demeure imaginaireentourée d’arbres imaginairesau bord d’un fleuve imaginaire Aux murs qui sont imaginairespendent des tableaux anciens imaginairesd’irréparables fissures imaginairesreprésentant des faits imaginairesqui se sont produits dans des mondes imaginairesen des lieux et des temps imaginaires Tous les après-midi imaginairesil monte l’escalier imaginaireet se penche au balcon imaginairepour regarder le paysage imaginairequi consiste en une vallée imaginaireenvironnée de vallées imaginaires Des ombres imaginairesavancent sur le chemin imaginaireen entonnant des chansons imaginairesà la mort du soleil imaginaire Et dans les nuits de lune imaginaireil rêve de la femme imaginairequi lui a offert son amour imaginaireil ressent la même douleurle même plaisir imaginaireet se remet alors à battrele cœur de l’homme imaginaire.
À Santiago de Chile Les jours sont interminablement longs:Plusieurs éternités en un jour. Nous nous déplaçons à dos de luneComme les vendeurs d'algues:On baille. On re-baille. Cependant les semaines sont courtesLes mois passent à toute allureEtlesannéessemblentvoler.
Avant que tombe la nuit totaleNous allons étudier les taches sur le mur :Certaines ressemblent à des plantesD'autres simulent des animaux mythologiques.Hippogriffes, dragons, salamandres. Mais les plus mystérieuses de toutesSont celles qui ressemblent à des explosions atomiques. Dans le cinématographe du murL'âme voit ce que ne voit pas le corps :Des hommes agenouillésDes mères avec leurs enfants dans les brasDes monuments équestresDes prêtres qui élèvent l'hostie. Des organes génitaux qui s'unissent. Mais les plus extraordinaires de toutesSont sans l'ombre d'un douteCelles qui ressemblent à des explosions atomiques.
Une fois, dans un parc de New Yorkune colombe est venue mourir à mes piedselle a agonisé pendant quelques secondespuis elle est mortemais ce que personne ne voudra croirec’est qu’elle a ressuscité aussitôtsans me laisser le temps de réagiret elle s’est envoléecomme si elle n’avait jamais été morte je l’ai regardée zigzaguerentre les immeubleset j’en suis resté tout pensif c’était un jour d’automnemais on aurait dit le printemps