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Napoléon Bonaparte

Le lapin, le chien et le chasseur

César, chien d’arrêt renommé, Mais trop enflé de son mérite, Tenait arrêté dans son gîte Un malheureux lapin de peur inanimé : « Rends-toi, » lui cria-t-il d’une voix de tonnerre, Qui fit au loin trembler les habitants des bois ; « Je suis César connu par ses exploits, Et dont le nom remplit toute la terre. » À ce grand nom, Jeannot lapin, Recommandant à Dieu son âme pénitente, Demande d’une voix tremblante : « Très sérénissime mâtin, Si je me rends quel sera mon destin ? — Tu mourras. — Je mourrai, » dit la bête innocente. « Et si je fuis ? — Ton trépas est certain. — Quoi ! » reprit l’animal qui se nourrit de thym, « Des deux côtés, je dois perdre la vie ! Que votre illustre Seigneurie Veuille me pardonner, puisqu’il me faut mourir, Si j’ose tenter de m’enfuir. » Il dit, et fuit en héros de garenne. Caton l’aurait blâmé, je dis qu’il n’eut pas tort ; Car le chasseur le voit à peine Qu’il l’ajuste, le tire… et le chien tombe mort. Que dirait de ceci notre bon La Fontaine ? Aide-toi, le ciel t’aidera. J’approuve fort cette morale-là.
Le lapin, le chien et le chasseurNapoléon Bonaparte · Voix de synthèse
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