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Maurice Carême
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Poèmes

Maurice Carême

3 poèmes

A Papa

- J’écris le mot agneau Et tout devient frisé : La feuille du bouleau, La lumière des prés. - J’écris le mot étang Et mes lèvres se mouillent : J’entends une grenouille Rire au milieu des champs. - J’écris le mot forêt Et le vent devient branche. Un écureuil se penche Et me parle en secret. - Mais si j’écris papa, Tout devient caresse, Et le monde me berce En chantant dans ses bras.

La main de ma mère

Je prenais la main de ma mère Pour la serrer dans les deux miennes Comme l’on prend une lumière Pour s’éclairer quand les nuits viennent. Ses ongles étaient tant usés, Sa peau quelquefois sombre et rêche. Pourtant, je la tenais serrée Comme on le fait sur une prêche. Ma mère était toujours surprise De me voir prendre ainsi sa main. Elle me regardait, pensive Me demandant si j’avais faim. Et, n’osant lui dire à quel point Je l’aimais, je la laissais Retirer doucement sa main Pour me verser un bol de lait.

Pour mon père

Mon père aimé, mon père à moi, Toi qui me fais bondir Sur tes genoux Comme un chamois, Que pourrais-je te dire Que tu ne sais déjà ? Il fait si doux Quand ton sourire Éclaire tout sous notre toit ! Je me sens fort, je me sens roi, Quand je marche à côté de toi.

À propos de Maurice Carême

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À propos de cette lecture

Les couvertures sont imaginaires. Les portraits sont des interprétations risographiées.

A PapaMaurice Carême · Voix de synthèse
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