- J’écris le mot agneauEt tout devient frisé :La feuille du bouleau,La lumière des prés.- J’écris le mot étangEt mes lèvres se mouillent :J’entends une grenouilleRire au milieu des champs.- J’écris le mot forêtEt le vent devient branche.Un écureuil se pencheEt me parle en secret.- Mais si j’écris papa,Tout devient caresse,Et le monde me berceEn chantant dans ses bras.
Je prenais la main de ma mèrePour la serrer dans les deux miennesComme l’on prend une lumièrePour s’éclairer quand les nuits viennent.Ses ongles étaient tant usés,Sa peau quelquefois sombre et rêche.Pourtant, je la tenais serréeComme on le fait sur une prêche.Ma mère était toujours surpriseDe me voir prendre ainsi sa main.Elle me regardait, pensiveMe demandant si j’avais faim.Et, n’osant lui dire à quel pointJe l’aimais, je la laissaisRetirer doucement sa mainPour me verser un bol de lait.
Mon père aimé, mon père à moi,Toi qui me fais bondirSur tes genouxComme un chamois,Que pourrais-je te direQue tu ne sais déjà ?Il fait si douxQuand ton sourireÉclaire toutsous notre toit !Je me sens fort, je me sens roi,Quand je marche à côté de toi.