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Jean de La Fontaine

Un Fou et un Sage

Certain fou poursuivait à coups de pierre un sage. Le sage se retourne, et lui dit : Mon ami, C’est fort bien fait à toi, reçois cet écu-ci. Tu fatigues assez pour gagner davantage ; Toute peine, dit-on, est digne de loyer : Vois cet homme qui passe, il a de quoi payer ; Adresse-lui tes dons, ils auront leur salaire. Amorcé par le gain, notre fou s’en va faire   Même insulte à l’autre bourgeois. On ne le paya pas en argent cette lois, Maint estafier accourt : on vous happe notre homme,   On vous l’échine, on vous l’assomme. Auprès des rois il est de pareils fous : À vos dépens ils font rire le maître. Pour réprimer leur babil, irez-vous Les maltraiter ? Vous n’êtes pas peut-être Assez puissant. Il faut les engager À s’adresser à qui peut se venger.
Un Fou et un SageJean de La Fontaine · Voix de synthèse
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