Aller au poème
Jean de La Fontaine

Le Cheval et l’Âne

En ce monde il se faut l’un l’autre secourir :     Si ton voisin vient à mourir,     C’est sur toi que le fardeau tombe. Un âne accompagnait un cheval peu courtois, Celui-ci ne portant que son simple harnois, Et le pauvre baudet si chargé qu’il succombe. Il pria le cheval de l’aider quelque peu ; Autrement il mourrait devant qu’être à la ville. La prière, dit-il, n’en est pas incivile : Moitié de ce fardeau ne vous sera que jeu. Le cheval refusa, fit une pétarade ; Tant qu’il vit sous le faix mourir son camarade,     Et reconnut qu’il avait tort.     Du baudet en cette aventure     On lui fit porter la voiture,     Et la peau par-dessus encor.
Le Cheval et l’ÂneJean de La Fontaine · Voix de synthèse
0:000:00