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Guy de Maupassant
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Poésie Diverses

Guy de Maupassant

2 poèmes

L'espérance et le doute

Lorsque le grand Colomb, penché sur l’eau profonde, A travers l’Océan crut entrevoir un monde, Les peuples souriaient et ne le croyaient pas. Et pourtant, il partit pour ces lointains climats; Il partit, calme et fort, ignorant quelle étoile Dans les obscures nuits pourrait guider sa voile, Sur quels gouffres sans fond allaient errer ses pas, Quels écueils lui gardait la mer immense et nue, Où chercher par les flots cette terre inconnue, Et comment revenir s’il ne la trouvait pas.
Parfois il s’arrêtait, las de chercher la rive, De voir toujours la mer et rien à l’horizon, Et les vents et les flots jetaient à la dérive A travers l’Océan sa voile et sa raison.
Comme Colomb, rêvant à de lointaines grèves, Que d’autres sont partis, le coeur joyeux et fort, Car un vent parfumé les poussait loin du port Aux pays merveilleux où fleurissent les rêves.
L’avenir souriait dans un songe d’orgueil, La gloire les guidait, étoile éblouissante, Et comme une Sirène, avec sa voix puissante, L’Espérance chantait, embusquée à l’écueil.
Mais la vague bientôt croule comme une voûte, Et devant l’ouragan chacun fuit sans espoir, Car le Doute a passé, grand nuage au flanc noir, Sur l’astre étincelant qui leur montrait la route.

Nuit de neige

La grande plaine est blanche, immobile et sans voix. Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte. Mais on entend parfois, comme une morne plainte, Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.
Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes. L’hiver s’est abattu sur toute floraison ; Des arbres dépouillés dressent à l’horizon Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.
La lune est large et pâle et semble se hâter. On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère. De son morne regard elle parcourt la terre, Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.
Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde, Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ; Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement, Aux étranges reflets de la clarté blafarde.
Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux ! Un vent glacé frissonne et court par les allées ; Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux, Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.
Dans les grands arbres nus que couvre le verglas Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ; De leur oeil inquiet ils regardent la neige, Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.

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Les couvertures sont imaginaires. Les portraits sont des interprétations risographiées.

L'espérance et le douteGuy de Maupassant · Voix de synthèse
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