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Guillaume Apollinaire

UN SOIR

Un aigle descendit de ce ciel blanc d’archanges      Et vous soutenez-moi Laisserez-vous trembler longtemps toutes ces lampes      Priez priez pour moi La ville est métallique et c’est la seule étoile      Noyée dans tes yeux bleus Quand les tramways roulaient jaillissaient des feux pâles      Sur des oiseaux galeux Et tout ce qui tremblait dans tes yeux de mes songes      Qu’un seul homme buvait Sous les feux de gaz roux comme la fausse oronge      Ô vêtue ton bras se lovait Vois l’histrion tire la langue aux attentives      Un fantôme s’est suicidé L’apôtre au figuier pend et lentement salive      Jouons donc cet amour aux dés Des cloches aux sons clairs annonçaient ta naissance        Vois Les chemins sont fleuris et les palmes s’avancent        Vers toi
UN SOIRGuillaume Apollinaire · Voix de synthèse
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