De Montmaure à Lus,Dans l’ombre, à toute heure,On dirait que pleureUn glas lent, un glas…Mais, au Vapellas,Mon cœur, comme en rêve,Croit ouïr sans trêveUn clair angélus.— Quel est ce rébus ?Dites-vous, Nanette,Ma fine brunetteAux beaux yeux lilas.— C’est qu’au VapellasVous m’aimiez encore,Et c’est qu’à MontmaureVous ne m’aimiez plus.
Les marins ont dit aux oiseaux de mer :« Nous allons bientôt partir pour l’Islande,Quand le vent du Nord sera moins amerEt quand le printemps fleurira la lande. »Et les bons oiseaux leur ont répondu :« Voici les muguets et les violettes.Les vents sont plus doux ; la brume a fondu :Partez, ô marins, sur vos goélettes.« Vos femmes ici prieront à genoux.Elles vous seront constamment fidèles.Nous voudrions bien partir avec vous,S’il ne valait mieux rester auprès d’elles.« Nous leur parlerons de votre retour ;Nous dirons les gains d’une pêche heureuse,Et comment la nuit, et comment le jour,Comment votre cœur bat sous la vareuse.« Et nous les ferons renaître à l’espoir,Tandis que, les yeux tournés vers le pôle.Elles s’en viendront, au tomber du soir.Pleurer deux à deux sur les bancs du môle. »
Octobre est venu :Une route droite,Qui file et miroiteSur un plateau nu ;De grises nuées,Vers Crec’h-Daniel,Traînant dans le ciel,Comme exténuées ;À l’angle d’un champUn mouton qui broute ;Au bord de la routeUn chaume penchant.Jusqu’à l’Île-Grande,Pas d’autre maison :Pour tout horizonLa lande, la lande…