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Auguste Lestourgie

Musette

Ma muse est toute Limousine : Elle aime la senteur des pins, La fleur blanche de l’aubépine Et celle des bruns sarrasins. Elle est, dit-on (je le soupçonne), Fort peu parente des neuf sœurs, Qui, sur un ton très monotone, Ont débité tant de fadeurs. C’est une franche paysanne, Sans corset et sans brodequin, Qu’on voit dans les prés quand on fane, Aux vignes quand on fait le vin. Sur son front, qu’a bruni le hâle, Tombent de noirs et longs cheveux ; Sa lèvre est comme le pétale Du rosier le plus orgueilleux. Il faut voir quand elle chemine, Le matin, dans les verts sentiers, Son pied leste, sa main mutine Cueillant la fleur des églantiers. Je m’en affolai, si je compte, Voici bientôt deux ans, je crois, Pour une ballade, un vieux conte, Quelque légende d’autrefois. Qu’elle en sait de vieilles histoires ! — À l’écouter passe le jour, — Des plus douces et des plus noires ! Qu’elle en sait des chansons d’amour ! Des pâtres elle dit la peine, Des bergères le cher secret, Comment le cœur d’une inhumaine Se livre pour un frais bouquet. Mais elle déteste... devine ? Ton Paris si grand et si vain. Ma muse est toute Limousine : Je veux être tout Limousin !
MusetteAuguste Lestourgie · Voix de synthèse
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