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Alfred de Musset

Non, quand bien même une amère souffrance — sonnet

Non, quand bien même une amère souffrance Dans ce cœur mort pourrait se ranimer ; Non, quand bien même une fleur d’espérance Sur mon chemin pourrait encor germer ; Quand la pudeur, la grâce et l’innocence Viendraient en toi me plaindre et me charmer ; Non, chère enfant, si belle d’ignorance, Je ne saurais, je n’oserais t’aimer. Un jour pourtant il faudra qu’il te vienne, L’instant suprême ou l’univers n’est rien. De mon respect alors qu’il te souvienne ! Tu trouveras, dans la joie ou la peine, Ma triste main pour soutenir la tienne, Mon triste cœur pour écouter le tien.
Non, quand bien même une amère souffrance — sonnetAlfred de Musset · Voix de synthèse
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