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Alfred de Musset

À Lydie IMITATION

        Horace. Du temps où tu m’aimais, Lydie, De ses bras nul autre que moi N’entourait ta gorge arrondie ; J’ai vécu plus heureux qu’un roi.         Lydie. Du temps où j’étais ta maîtresse, Tu me préférais à Chloé ; Je m’endormais à ton côté Plus heureuse qu’une déesse.         Horace. Chloé me gouverne à présent, Savante au luth, habile au chant ; La douceur de sa voix m’enivre. Je suis prêt à cesser de vivre S’il fallait lui donner mon sang.         Lydie. Je me consume maintenant Pour Calaïs, mon jeune amant, Qui dans mon cœur a pris ta place. Je mourrais deux fois, cher Horace, S’il fallait lui donner mon sang.         Horace. Eh quoi ! si dans notre pensée L’ancien amour se ranimait ? Si ma blonde était délaissée ? Si demain Vénus offensée À ta porte me ramenait ?         Lydie. Calais est jeune et fidèle, Et toi, poëte, ton désir Est plus léger que l’hirondelle, Plus inconstant que le zéphyr ; Pourtant, s’il t’en prenait envie, Avec toi j’aimerais la vie, Avec toi je voudrais mourir.
À Lydie IMITATION Alfred de Musset · Voix de synthèse
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